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Abd Al Malik

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Abd Al Malik - mp3

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Vrai nom : Régis Fayette-Mikano
Nationalité :
Française
Métiers :
Chanteur, Auteur-compositeur
Genre principal :
sHip-Hop Françai
Naissance :
14 mars 1975 
Age
: 32 ans

Biographie de Abd Al Malik D'origine congolaise, Abd Al Malik voit le jour dans le 14e arrondissement de Paris, le 14 mars 1975. Deux ans plus tard, il part vivre avec sa famille à Brazzaville. Il y restera jusqu'en 1981, date à laquelle il s'installe à Strasbourg et vit difficilement le divorce de ses parents. Il entre alors dans la délinquance et flirte un moment avec l'extrémisme religieux avant de rebondir sur les impasses de la religion et ses paradoxes. Tel un Coltrane s'éxilant dans un voyage intérieur afin de lutter contre la drogue, Malik se sent pousser des ailes humanistes et mystiques. Parallèlement à des études brillantes qu'il mène en philosophie et en lettres classiques, il oriente son obédience musulmane vers le soufisme et la poésie perse et prône la paix et l'amour du haut d'une "solitude illuminée" via un rap parlé qui rappelle certains textes surréalistes de Pablo Neruda ou de Gainsbourg. "La forme de récit qui me touche le plus, dit-il, est souvent autobiographique ou, en tout cas, garde de fortes attaches avec le réel. C'est sans doute pour cela que j'affectionne particulièrement des auteurs tels que Raymond Carver et Albert Camus (...) mais ma démarche ne pourrait se résumer à une ambition purement littéraire parce que je suis rappeur et parce que je suis un homme tout simplement". A l'instar d'un Oxmo Puccino qui fait du rap une poésie politisée et du hip hop un mouvement littéraire, Abd rend à cette forme musicale toutes ses lettres de noblesse. C'est beau et c'est touchant. C'est surtout à découvrir, à écouter et à mediter comme de beaux vers écrits par le poète perse du XIIIe siècle Djalal Al-dîn Rûmi. S'il y avait plus de Malik dans le rap français, les hommes poltiques auraient du mouron à se faire. ة

 

Sa jeunesse [modifier]
Abd al Malik est né à Paris d'un père haut fonctionnaire. Entre 1977 et 1981, il vit avec sa famille à Brazzaville. À son retour en France, il vit à Strasbourg dans le quartier du Neuhof dans une cité HLM. Après le divorce de ses parents, c'est sa mère seule qui l'élève avec ses six frères et sœurs. Il connaît la délinquance (pick-pocket et deal). En même temps, il suit des études brillantes au collège Saint-Anne à Strasbourg, puis au lycée Notre-Dame des Mineurs et et enfin l'Université Marc Bloch dans un double cursus philosophie et lettres classiques, et fonde le groupe de rap d'envergure nationale N.A.P., dont il est le leader


Découverte du soufisme et création musicale [modifier]
Puis il découvre le soufisme, il rompt alors avec l'extrémisme et milite pour la paix et pour un « vivre ensemble ». Il devient officiellement en 1999 disciple du grand maître spirituel marocain Sidi Hamza al Qâdiri Boutchichi. Il continue aujourd'hui sa carrière en solo. Son style sérieux est quelque peu inclassable, mélangeant rap, jazz et slam, avec des références à d'autres chanteurs de langue française dont Jacques Brel (dont il reprend Ces gens-là). Ses chansons révèlent toujours un texte fort de sens et d'émotion accompagné d'une musique qui appuie l'intensité de ses paroles parfois chantées, parfois récitées. Sa ligne de conduite esthétique pour la création de son dernier album Gibraltar était « déconstruire dans la forme la notion même de rap tout en restant hip hop ». Il s'inspire beaucoup de l'islam soufi auquel il s'est converti. Il réalise que, dans le rap comme dans l'islam, il avait « une posture de paraitre et non d'être » parce que trop inquiet de la réaction du public, préoccupé par les opinions des gens. « Il m'a fallu déconstruire pour reconstruire. Mais rien de bon ne peut sortir hors de l'amour et hors de l'acceptation de l'autre » résume-t-il en évoquant son cheminement, même si cela n'est pas toujours facile[1].

En novembre 2007, Il donne une interview exclusive de son nouveau projet, un collectif qui se nomme BENI SNASSEN, composé de N.A.P, WALLEN, BIL'IN, HAMCHO, MATTEO FALKONE et lui même, pour le magazine "5styles" où il évoque leur engagement contre l'illetrisme.[2] 


Écriture [modifier]
Il est également l'auteur d'un livre paru en 2004, Qu'Allah bénisse la France (éd. Albin Michel), dans lequel l'homme explique son cheminement, il y défend un islam modéré, fait de tolérance et de désir d'intégration. Son premier ouvrage est unanimement salué par la critique, il obtient le prix Laurence Trân en Belgique. En présentant son livre, l'auteur écrit: « Le Face à Face des cœurs c'est d'abord un rendez-vous galant avec soi-même. Je reviens là d'où l'on n'aurait jamais dû partir : Paix, Amour et Unité. Le Hip Hop était d'abord - excusez-moi - spirituel. Capable de dépasser sa condition, ses conditionnements, et de rencontrer l'Autre par la musique. Le Rap est mon art ». Il prépare actuellement un recueil de contes soufi qui aurait pour problématique l'être dans la vie moderne.


Discographie [modifier]

Albums [modifier]
2004: Le Face à face des cœurs 
2006: Gibraltar 

Récompenses [modifier]
2004 : Prix Laurence Trân en Belgique pour le roman Qu’Allah bénisse la France. 
2006 : Prix Constantin et Prix de l'Académie Charles-Cros pour l'album Gibraltar. 
2007 : Trophée hip-hop Europe 2 du meilleur slameur 2006. 
2007 : Victoires de la musique, catégorie "Musiques urbaines" pour l'album Gibraltar. 
2007 : Prix Raoul Breton décerné par la Sacem pour l'album Gibraltar. 
2007 : Trophée meilleur album, décerné par les césaires de la musique pour l´album Gibraltar 
2008 : Décoré Chevalier des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel 
2008 : Victoire de la musique Artiste interprete.


Abd al-Malik, pour l'islam et l'amour du rap 
Cheminement spirituel d'un rappeur


Depuis sa prime jeunesse, Abd al-Malik mène des doubles vies. Jeune délinquant au quartier, il est un élève studieux à l'école. Cheminant avec les Tabligh le jour, il s'adonne au rap le soir venu… Sa découverte du soufisme lui procure enfin la plénitude et la sérénité. En témoigne Le face à face des cœurs, son dernier album déjà dans les bacs. 




Le face-à-face des coeurs, le dernier album d'Abd al-Malik Abd al-Malik est né à Paris il y a 29 ans. Lorsque ses parents déménagent à Strasbourg, il n'est encore qu'un enfant et se nomme alors Régis. Dans le quartier de Neuhof où s'installe la famille, l'environnement social n'est pas facile. La délinquance lui tend la main : « j'étais délinquant, pas parce que j'étais méchant. Quand on est gamin, on a envie d'être accepté par le groupe. On n'a pas envie d'être rejeté » confie-t-il calmement. A coups de vols et de trafics illicites divers, il trouve sa place au sein d'une bande de « méchants garçons ». A la différence de ses amis de virées, il nourrit une passion dévorante pour le savoir, « le savoir en général et la littérature en particulier » explique-t-il. Il mène alors une double vie : « délinquant le soir et bon élève la journée » confesse-t-il en riant. 


Régis devient alors Abd al-Malik
A la séparation de ses parents, l'adolescent prend conscience de la nécessité de s'éloigner du quartier, au moins pour étudier. Aidé par une enseignante, il réussit à s'inscrire dans un collège catholique privé. « La scission était encore plus grande entre la vie dans le quartier et la vie au collège». Le besoin de spiritualité se fait alors ressentir. 
Le catholicisme de ses parents ne le satisfait pas. Les livres prêtés par son frère aîné, converti à l'Islam, lui apportent des éléments de réponse. Ces ouvrages lui parlent. Le jeune Régis perçoit l'Islam comme une « religion naturelle » sans pour autant opérer une rupture avec le catholicisme. « C'est, affirme-t-il, une continuité ». Avec l'Islam, il a trouvé « le vêtement qui correspond à son être». Il choisit le prénom de Abd al-Malik, que l'on peut traduire par serviteur de Dieu. Il a alors 15 ans. 

Mu probablement par le besoin d'appartenir à un groupe, Abd al-Malik rejoint le mouvement Tabligh, le plus grand mouvement piétiste de l'Islam. Sur cette tranche de sa vie, le rappeur ne s'encombre pas de complaisance : « J'ai instrumentalisé l'Islam que je portais comme un étendard » reconnaît-il. 
Autour de lui, la vie n'est pas rose. Il voit certains de ses amis sombrer dans la toxicomanie, tandis que d'autres finissent en prison quand ils ne sont pas conduits au cimetière. Pour parler de cette tragédie, il monte le groupe NAP (New African Poets) dont il est leader. L'idée de départ est de dénoncer les injustices, témoigner de leur détresse par la musique rap. A cette époque, les contestations et les revendications sont exprimées avec violence. C'est l'engagement. Le groupe NAP devient vite connu, d'abord au niveau régional puis sur la scène nationale. 
Abd al-Malik mène alors deux vies parallèles. Comme tout bon Tabligh, il prêche régulièrement dans les quartiers durant le jour. Le soir venu, il monte sur l'estrade, accroche un micro au passage et chante en cachette. Pas pour longtemps. Le Tabligh lui ordonne de quitter NAP. Il quittera le Tabligh. Car, dit-il : « On me demandait de quitter mes frères ». 
Avec NAP, la vie prend un autre sens pour lui et ses amis : « la musique nous a responsabilisés. Nous ne sommes plus de simples consommateurs. Nous sommes devenus acteurs » confie-t-il. Il considère désormais le rap comme un prolongement de lui-même et utilise cette musique comme il use la parole. 
C'est dans cet état de grâce que ses lectures le mènent au soufisme. Dans cette voie spirituelle de l'islam, le rappeur soupçonne un monde chargé de trésors. Pour en savoir plus, il fait le voyage au Maroc au cœur de la confrérie soufi al-Qadiria al-Butchichia. Il y rencontre Sidi Hamza qu'il appelle « son maître-bien aimé ». 
De ce maître spirituel, dans la pure tradition soufi, il apprend l'amour de l'autre. Il apprend à ne pas juger, à ne pas dénigrer. Un enseignement qui passe par le « langage de cœur à cœur », dit-il. Pour Abd al-Malik, le bouleversement est total. 


Sortir du paraître vers l'être
Les paroles du maître sont simples, profondes et chargées d'images significatives: « dans le jardin, dit le maître, les fleurs sont multiples mais l'eau est une ». La rencontre du maître et les fruits de son enseignement interpellent Abd al-Malik sur l'importance d'accorder de l'intérêt à autrui. Ses découvertes spirituelles vont affecter sa relation à son art. Lui qui jusqu'alors ne faisait que du rap de contestation et de critiques, découvre qu'il ne suffit pas de juger mais qu'il faut aussi proposer ; qu'il ne sert à rien de condamner si l'on ne prend pas d'initiative par la suite. Il réalise que, dans le rap comme dans l'islam, il avait « une posture de paraître et non d'être » parce que trop inquiet de la réaction du public, préoccupé par les opinions des gens. «Il m'a fallu déconstruire pour reconstruire. Mais rien de bon ne peut sortir hors de l'amour et hors de l'acceptation de l'autre » résume-t-il en évoquant son cheminement. 

La face à face des cœurs, un album solo, est le fruit du cheminement spirituel du rappeur. Il y est question d'Amour. Finie la contestation. Les textes ont été écrits dans le désert marocain durant les dix derniers jours du mois de Ramadan. Une période que la tradition musulmane sait particulièrement riche en énergie spirituelle. Le jeûneur musulman est donc encouragé à intensifier ses actes de piété durant ce dernier tiers du mois de ramadan. Abd al-Malik est « comme dans un état spirituel » lorsqu'il écrit cet album qui a donné naissance à Qu'Allah bénisse la banlieue, (éd, Albin Michel) un livre dans lequel l'homme explique son cheminement. L'expérience semble concluante puisqu'il prépare un recueil de contes soufi qui aurait pour problématique l'être dans la vie moderne. 

En présentant Qu'allah bénisse la France, l'auteur écrit: « Le Face à Face des coeurs c'est d'abord un rendez- vous galant avec soi- même. Je reviens là d'où l'on aurait jamais dû partir : Paix, Amour et Unité. Le Hip Hop était d'abord - excusez- moi - spirituel. Capable de dépasser sa condition, ses conditionnements, et de rencontrer l'Autre par la musique. Le Rap est mon art. »



Gibraltar » d'Abd Al Malik. 


Ce rappeur, Français de références congolaises, sorti du groupe NAP (New African Poets), sort « le face à face des cœurs », son premier album solo en 2004. Dans la même année, il publie « qu'Allah bénisse la France » aux éditions Albin Michel, un ouvrage salué par la critique. Il faudra attendre le 12 juin 2006, pour voir arriver « Gibraltar », le nouvel album d'Abd Al Malik, qu'il signe au label Athmosphériques. 




A 31 ans, le hip hop est pour lui une philosophie et un moyen de transmettre un message de paix et d'amour dans un monde où règnent la haine et la violence. « Le hip hop nous enseigne une chose essentielle, écrit-il, nous ne sommes pas hors de la communauté nationale, nous en sommes les leaders. » Et c'est ce cri d'espoir et de rage que ce rappeur Français, Noir et musulman, lance doucement mais fortement, avec une justesse troublante. 

C'est ainsi qu'il nous fait partager son univers. Avec ses rythmes étonnants et son rap « parlé », Abd Al Malik nous raconte une histoire, une histoire musicale, une histoire de vies. Jonchés de rythmes et de styles musicaux très variés, du rythme africain au piano classique, Abd Al Malik place son texte comme s'il nous relatait notre histoire. Le texte prend souvent beaucoup de place face à la musique. Dans le rap, la musique a fréquemment une place prépondérante et le texte ne fait qu'accompagner cette dernière. Or là, on a au contraire l'impression que la musique soutient et justifie le texte. 

Utilisant à la fois le style conté ou plus rythmique du rap « de rue », Abdal Malik nous invite à une remise en question en chacun, dans la multiplicité des humains que nous sommes, et la complexité que cela implique. 

Très dur avec lui-même, dans le calme, il reste très dur avec l'humanité. Il cherche à tuer les frontières et les préjugés qui séparent les Hommes en s'appropriant par exemple tous les personnages d'une même histoire. Ainsi chacun vit la même chose d'une manière différente, mais toujours humaine. 

Dans ces 15 morceaux de l'album, on découvre de nombreuses bribes de vies, pouvant s'apparenter à la sienne comme à la nôtre, avec toute l'intensité et toute l'humanité que cela peut comporter. Il sait mettre les mots là où ça fait mal, là où ça blesse, là où chacun ne sait plus mais où chacun ressent. 
Mardi 25 Juillet 2006

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